Sur une note plus personnelle…

Emestella qui tire la tronche avec pas beaucoup de lumière.

Je me rends compte que je donne beaucoup d’amour et de soutien à des gens qui sont incapables de m’en donner en retour, et c’est blessant.

Je commence à arrêter de me mettre des œillères à continuer d’espérer dans le vide, à arrêter de donner des preuves d’amour aux personnes à qui je tiens mais qui n’en formulent pas en retour.

Quand tu sens que tu soutiens très fort des gens qui n’apportent qu’une gratitude de façade en retour, quand tu vois que tu ne fais même pas partie de la liste à qui ces gens pensent alors qu’iels sont dans les premièr·es à qui toi, tu penses, quand tu es finalement hors de leur champ parce que tu es devenu·e ce meuble qu’on laisse prendre la poussière dans un grenier, il faut se rendre à l’évidence : tu comptes pas. T’es pas nécessaire à leur vie. Tu peux disparaître demain. Ton absence ne sera même pas notée.

J’en ferai pas un drama avec des noms à la clef, étant donné que c’est pas quelque chose de grave à reprocher… c’est comme ça, c’est tout… c’est tout.

N’empêche que je leur en veux intérieurement. Parce qu’en attendant, ça se transforme en panique. Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Qu’est-ce que j’ai à me reprocher ? Quand est-ce que moi, je t’ai blessé·e ou que tu as culpabilisé d’une chose que je ne t’ai jamais reprochée ? C’est un non-dit, ou un on-dit, qui fait que tu n’es pas là ? Bah non, c’est rien de tout ça. C’est juste le changement dans l’affect, sans que rien ne vienne l’expliquer.

Car oui, les gens changent, les choses évoluent, les affects s’estompent. Sans toi, quelquefois. C’est blessant. C’est pas pour autant que tu les jetteras en pâture. Parce qu’au fond, tu leur reproches quoi ? De pas penser de toi ? T’as pensé à elleux et qu’iels ont leur·s souci·s, toi ? De quel droit tu réclames ça ? Donc tu te tais et finalement, bah, t’es seul·e face à toi-même. Absent·e. Oublié·e. Inconsolé·e.

Je sais pas à quel point c’est humain de s’accrocher à des gens qui ne sont pas là pour toi. Pour qui tu comptes qu’au quart, au mieux à moitié. Je constate en tout cas que je ne peux plus être accueillie qu’avec une gratitude de façade, sans découlé. C’est quelque chose que je n’arrive plus à relativiser. J’en peux plus d’être un fantôme.

C’est quelque chose que j’avais déjà formulé. J’avais dit aussi que j’avais besoin de soutien, demandé qu’on ne me laisse pas tomber. Même en étant explicite, au final, iels sont pas nombreuxes à m’avoir tenue debout quand je trébuchais, et à être des lumières dans ma pénombre. J’ai compté mes soutiens sur les doigts d’une main.

Cette note, elle n’est pas là pour la culpabilité, parce que celleux qui pourraient culpabiliser de ça ne le feront pas, et parce que celleux qui culpabilisent dans ces moments-là ne sont pas les concerné·es. Elle est là pour le constat.

Je suis déjà un fantôme, et je n’arriverai pas à passer outre. Je suis blessée, et la cicatrice restera. Ça me fait du bien de l’écrire et de le partager. En tout cas, plus que de ronger mon os jusqu’à exploser en larmes.


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